Aurore Tassin
Par Aurore Tassin
- Détails du produit
-
La libération émotionnelle : phénomène de mode ou véritable nécessité thérapeutique ?
Depuis quelques années, la libération émotionnelle est un terme que l’on retrouve partout notamment dans la sphère de l’accompagnement et du développement personnel. Sur les réseaux sociaux, dans les cabinets de thérapeutes, dans les programmes de coaching, dans les formations. Le terme est devenu incontournable. À tel point qu'il semble parfois avoir perdu son sens. On évoque la libération émotionnelle pour désigner une prise de conscience, une discussion, un exercice, une méditation, une crise de larmes…
Mais quand est il vraiment ?
Qu'est-ce qu'une véritable libération émotionnelle ? Et surtout, comment savoir si elle a réellement eu lieu ?
L'émotion est un mécanisme indispensable à la survie.
Car oui avant d'être un sujet thérapeutique, l'émotion est un mécanisme biologique.
La peur nous protège du danger. La colère nous permet de réagir face à une injustice. La tristesse favorise le repli nécessaire après une perte. La joie renforce les comportements favorables à notre équilibre.
Les émotions ne semblent donc pas un problème à résoudre. Elles sont une fonction essentielle du vivant. Comme le rappelle le neurologue portugais Antonio Damasio dans ses travaux sur les processus décisionnels, l'être humain incapable d'éprouver des émotions devient paradoxalement incapable de prendre certaines décisions pourtant simples.
L'émotion n'est pas l'ennemie. Elle est une alliée. Alors pourquoi certaines deviennent-elles problématiques ?
Quand l'émotion cesse d'être un signal.
Une émotion est censée apparaître, transmettre une information, puis disparaître.
Le problème commence lorsqu'elle reste active alors que la situation appartient au passé. Une personne continue de ressentir une peur intense alors qu'aucun danger n'est présent. Une autre se met systématiquement en colère dans des contextes similaires. Une troisième ressent une tristesse disproportionnée face à certains événements.
Dans ces cas-là, l'émotion n'agit plus comme un signal ponctuel. Elle devient un programme automatique. Le psychiatre Bessel van der Kolk décrit ce phénomène comme une incapacité du système nerveux à actualiser certaines informations émotionnelles. Le corps continue de réagir à un passé qui n'existe plus.
La vraie question n'est donc pas : « Pourquoi ai-je des émotions ? »
Mais plutôt : « Pourquoi certaines continuent-elles à se déclencher alors que leur raison d'être semble avoir disparu ? Pourquoi me bloquent elles pour avancer ? »
Pourquoi parler de libération ?
Le terme "libération émotionnelle" fait parfois débat.
Certains praticiens lui reprochent son manque de précision. D'autres y voient une promesse exagérée. Pourtant, lorsqu'il est utilisé correctement, ce terme décrit une réalité très concrète. La disparition ou la diminution durable d'une réaction émotionnelle devenue inadaptée.
Une peur qui ne gouverne plus les décisions. Une colère qui cesse d'exploser automatiquement. Une culpabilité qui ne revient plus en boucle. Une honte qui ne pilote plus les comportements.
La libération émotionnelle ne consiste donc pas à supprimer les émotions. Elle consiste à rendre aux émotions leur fonction naturelle, en libérant ce qui est à la source du signal qui contenu de pulser : un traumatisme, un deuil, un évènement marquant (…) que cela soit présent dans le conscient ou dans l’inconscient.
Le piège de la gestion émotionnelle
Face à une émotion inconfortable, la plupart des stratégies proposées visent à mieux la gérer : respirer, relativiser, visualiser, penser autrement, se raisonner.
Ces outils ont leur utilité, mais ils présentent une limite importante. Ils apprennent souvent à vivre avec le problème, pas nécessairement à le résoudre.
C'est la différence entre gérer un incendie et supprimer ce qui l'alimente. Entre contenir une réaction et transformer ce qui la produit.
De plus en plus de professionnels observent aujourd'hui que certains blocages émotionnels persistent malgré des années de travail personnel. Comme si quelque chose continuait d'alimenter le système.
Au-delà du symptôme
La plupart des approches thérapeutiques modernes s'accordent désormais sur un point essentiel. Ce n'est pas l'événement qui pose problème. C'est la manière dont il continue à être enregistré et activé dans le système émotionnel.
Deux personnes peuvent vivre la même expérience. L'une l'intégrera naturellement. L'autre continuera à en subir les conséquences pendant des années. La différence ne réside pas dans l'événement lui-même. Elle réside dans l'information émotionnelle qui lui reste associée.
C'est précisément sur ce terrain que se joue aujourd'hui une grande partie de l'évolution des approches de libération émotionnelle. L'enjeu n'est plus simplement de raconter, ni même de comprendre. L'enjeu devient d'identifier ce qui continue d'alimenter la réaction émotionnelle et de permettre au système de s'en détacher.
Quand la liberté redevient le critère
Dans le monde de l'accompagnement, il est parfois facile de confondre processus et résultat. Accumuler des prises de conscience, explorer son histoire, mettre du sens, identifier des schémas. Tout cela peut être utile.
Toutefois le véritable levier se pose dans une question simple :
La personne est-elle plus libre aujourd'hui qu'hier ? Peut-elle agir différemment ? Faire des choix différents ? Vivre différemment ?
Si la réponse est oui, quelque chose s'est transformé.
Si la réponse est non, alors la compréhension seule ne suffit probablement pas.
La libération émotionnelle n'est pas une théorie. Elle n'est pas un concept ou une croyance. Elle se mesure à une seule chose : La liberté retrouvée.
Et c'est peut-être là le véritable enjeu de l'accompagnement moderne.
Aurore Tassin
Je forme les professionnels de l’accompagnement à intégrer une méthode de libération puissante et inédite, qui permet de se démarquer dans le secteur de l’accompagnement et du coaching.
Accompagnement - Formation
Informations légales
Copyright Aurore Tassin - Tous droits réservés - Webdesigner : ALPS COMMUNICATION